La mobilisation devant nous (l’Humanité)

Par Marc Delepouve , coresponsable du secteur international du Snesup-FSU, membre du conseil scientifique d’Attac.

La mobilisation pour défendre notre système de retraite, enclenchée le 24 juin 2010, entre aujourd’hui dans une deuxième phase dont personne ne peut prédire l’issue. Il nous faut enrayer le processus de recul de l’âge légal de départ en retraite qui, loi après loi, le ferait tendre vers une limite de soixante-dix ans pour les jeunes générations. Il s’agit aussi de stopper la baisse des revenus de la retraite par répartition et le développement de la retraite par capitalisation. Au-delà, il s’agit de mettre un terme à la destruction des droits sociaux et à la dégradation des conditions de vie et de travail.

Cette situation n’est pas spécifique à la France. Partout en Europe, des plans d’austérité frappent les populations en accélérant la casse des services publics et la dégradation des systèmes sociaux, en particulier les régimes de retraite par répartition, avec un recul du départ en retraite vers des âges de plus en plus élevés. La loi française de dégradation du système de retraite du 27 octobre 2010 s’inscrit dans un mouvement général de régression organisé à l’échelle européenne. Ce mouvement nécessite des réponses à la fois au niveau des nations et à l’échelle européenne.

L’Europe actuelle s’est faite sans les peuples et contre les peuples, comme le montre clairement le refus d’entendre le rejet par référendum du traité constitutionnel européen (TCE) en France, aux Pays-Bas, puis en Irlande. Cette Europe est entrée en crise et les peuples en sont les victimes. Ensemble, il leur revient d’organiser un débat et une mobilisation européenne pour reconstruire l’Europe, une Europe sociale, solidaire du monde, écologique et démocratique.

Une Europe qui se donne des règles fiscales à la place du dumping fiscal et de l’austérité. Une Europe qui se donne des règles sociales à la place du dumping social. Une Europe qui s’inscrit dans une géopolitique et des échanges internationaux solidaires et respectueux de l’environnement, à la place de l’actuelle politique de libre-échange tous azimuts aux effets environnementaux, sociaux et sociétaux dévastateurs.

Le moment est venu de relier les mobilisations qui se développent dans différents pays européens et, de la Grèce à la Suède, de la Pologne au Portugal, mettre partout en débat les politiques de l’Union européenne. La responsabilité en revient à chaque organisation démocratique, à chaque citoyenne et à chaque citoyen.

Marc Delepouve

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